Mur-Murs : Chez Laurène & Romain dans le 9ᵉ arrondissement de Paris
Récits

Mur-Murs : Chez Laurène & Romain dans le 9ᵉ arrondissement de Paris

Désuètes les petites annonces ? Certainement pas. Si elles ne sont plus dans le journal comme autrefois, elles permettent parfois les rencontres inattendues qui changent le cours de l’histoire. Pour Laurène et Romain, c’est sur Facebook que cette bouteille à la mer fait mouche. 

Désespérés après de longs mois de quête infructueuse pour trouver l’appartement idéal dans le 9e arrondissement de Paris, ils n’y croient plus lorsqu’un responsable de projet immobilier Maison Kyka les contacte suite à leur annonce pour leur proposer un accompagnement sur mesure et surtout très rapide. 

Quelque peu suspicieux, Romain et Laurène se laissent pourtant vite convaincre par l’esprit chaleureux et l’efficacité de leur interlocuteur, qui en trois mois et trois visites, relève le défi. 

Impossible n’est pas Maison Kyka

Si Laurène et Romain se décrivent volontiers comme “un couple simple qui aime se balader dans Paris le week-end”, leur projet d’achat immobilier est un tantinet plus complexe. Outre le temps qui presse, il paraît qu’un petit Augustin s’ajoute au programme dans quelques mois, le périmètre de recherche de l’appartement est lui aussi millimétré. 

“Je vivais dans le 9e arrondissement depuis mon arrivée à Paris en 2013, dans un mouchoir de poche, et duquel je ne voulais absolument pas bouger.”

Autre épine : la projection. Laurène et Romain ont l’œil, et les quelques appartements qu’ils visitent ne leur plaisent pas en l’état. Comment envisager alors un investissement conséquent et une rénovation ambitieuse, lorsque le cœur n’y est pas ? 

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Fort heureusement, les conseils de Gauthier, rencontré quelques mois plus tard, changent la donne. Un appartement situé dans une voie calme du quartier Rochechouart, un bow-window, un petit balcon et une possible modularité des espaces, convainquent le couple malgré un léger manque de luminosité et une esthétique à première vue “dans son jus”. Plus de temps à perdre, une fois l’acquisition opérée, place à la rénovation. 

Apprivoiser le doute

Restait, une fois la décision prise, une inquiétude plus insidieuse : celle de s'être engagés sur un bien pensé pour être transformé, sans certitude absolue que cette transformation puisse vraiment avoir lieu.

“Si on nous avait dit : non, on ne peut pas déplacer la salle de bain, ça aurait été une grosse déception. On avait pris un appartement qui, en l'état, ne nous plaisait pas.”

Entre l'arrivée annoncée du petit Augustin et le tourbillon du quotidien, Laurène et Romain avouent n'avoir eu, sur ce point précis, guère le temps d'y penser vraiment. 

Et l'inquiétude s'est dissipée bien avant même le début des travaux : un chef de chantier, venu étudier l’appartement sous tous ses angles techniques, a rapidement confirmé la faisabilité du projet, colonnes d'eau et cloisons comprises. Une vigilance qui a fait toute la différence, puisqu'aucune des mauvaises surprises redoutées ne s'est finalement présentée. Un scénario loin d'être garanti, tant les aléas de chantier sont, à Paris plus qu'ailleurs, monnaie courante. De cette anticipation, Laurène et Romain gardent le souvenir d'un suivi rassurant, sur mesure.

Bibliothèque sur mesure

Un lieu qui leur ressemble

Avec Manon, l’architecte d’intérieur, la relation se noue tout de suite avec simplicité et fluidité. Le duo n'a pas cherché à décrire dans le détail la pièce de leurs rêves : plutôt que des mots, ce sont des images qui ont servi de langage commun.

“Elle nous avait donné des sites pour nous inspirer, ça nous a beaucoup aidés à nous projeter. On donnait un peu un style à Manon, et elle le retranscrivait dans la logique de l'appartement.”

De cette méthode naissent des choix affirmés, et quelques lignes rouges posées d'entrée de jeu. Une bibliothèque, d'abord, l'une des toutes premières demandes formulées. Le secrétaire de famille et le canapé du couple, ensuite, que Manon s'est appliquée à replacer plutôt qu'à remplacer. Et puis ce fameux couloir, colonne vertébrale de l'appartement, que Laurène et Romain refusaient de voir devenir un simple passage sans âme.

“On voulait qu'elle essaie de nous gommer un peu l'effet couloir, que ce ne soit pas juste un espace perdu.”

La réponse est venue en couleur : un camaïeu de bleus qui rythme l'espace et l’audace d’ouvrir un mur que le couple n'aurait jamais osé envisager seul, pour laisser entrer la lumière entre l’entrée et le séjour. C'est au niveau du bow-window, dans un renfoncement baigné de clarté, que s'est dessiné le coin du petit Augustin : un territoire bien à lui dans le salon familial.

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Manon a aussi su transformer une contrainte en atout : un point d'eau discret dans l'armoire de la chambre, pensé pour les jours où la maison accueillera du monde, et un placard technique qui regroupe machine à laver et chauffe-eau. Une solution que Laurène et Romain n'auraient, disent-ils, jamais imaginée eux-mêmes. Sans oublier le rétroprojecteur, dissimulé dans une casquette sur mesure : le couple, sans télévision depuis longtemps, tenait à préserver son salon d'un écran omniprésent, tout en gardant la possibilité de se retrouver, canapé profond et lumière tamisée, pour une série du soir.

Le 9e, un art de vivre

Si Romain a tracé son cercle sur la carte de Paris en refusant d'en sortir, c'est que cet attachement au 9e n'a rien d'un caprice : il en connaît chaque rue par cœur, pour y avoir vécu et travaillé sans presque jamais s'en éloigner.

“C'est un endroit vraiment sympa, il y a plein de restaurants, plein de bars. C'est à la fois vivant et pas touristique. Il y a une vraie vie de quartier.”

Laurène, plus mobile dans l'âme, aurait volontiers élargi le rayon de recherche. Mais elle reconnaît le charme de ce petit périmètre où tout le monde, ou presque, finit par se croiser.

Depuis que le square Montholon est devenu leur terrain de jeu favori avec Augustin, le couple a ses adresses de cœur, à deux pas de l'appartement. Juste derrière, deux restaurants italiens profitent d'une rue fermée à la circulation et de leurs grandes terrasses, à l'abri du bruit de la rue Lafayette : l'endroit parfait pour boire un verre ou dîner sereinement, même avec un enfant en bas âge. Du côté de la rue Cadet, où ils habitaient auparavant, les habitudes ont la vie dure ; et l'été, c'est immanquablement vers le glacier Artigelato qu'ils se dirigent. 

“C'est l'avantage de la vie de quartier : les têtes familières, les petites habitudes.”

Un an après avoir emménagé, Laurène et Romain n'imaginent plus leur vie ailleurs, dans cet appartement pensé à quatre mains avec Maison Kyka, devenu, à force d'attentions et d'ajustements, un véritable reflet d'eux-mêmes.

Berceau